Avec mon double niveau CE2/CM1 qui s'annonce, je pense travailler le calcul mental en ateliers, avec des jeux de société. Il paraît que l'ardoise levée comme unique moyen de travailler le calcul mental, c'est dépassé, alors j'ai été voir le livre de François Boule pour regarder comment mettre en place des jeux pour apprendre à calculer

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Pourquoi jouer ?

Pour rendre la répétition moins lassante, forcément, mais elle est nécessaire pour mémoriser

Jean Chateau définit l'enfant ainsi : "c'est un être qui joue".

Le jeu est nécessaire au développement de l'enfant. L'ONU a reconnu le jeu comme un droit spécifique de l'enfant.

On oppose souvent le jeu (gratuit, plaisir) et le travail (effort, sérieux, apprendre). Et pourtant, on apprend en jouant : on apprend dans quel ordre construire un objet en légo, les règles d'un jeu de cartes, ... Il y a toujours un travailJouer ou travailler, c'est se donner une tâche à accomplir, se fatiguer pour quelque chose.

- Pour Jean Chateau, le jeu permet une approche multisensorielle des apprentissages car il engage ses facultés physiques, mentales, intellectuelles et morales.

 

- Le jeu donne du sens aux apprentissages : souvent les enfants se demandent "à quoi ça sert ?". Difficile de leur expliquer à chaque fois lorsque l'apprentissage est hors d'un projet qui le nécessiterait. Avec le jeu, on apprend pour pouvoir jouer, comprendre le jeu.

Le statut de l'erreur est différent : on n'a pas mal fait, on n'a pas une mauvaise note. On n'a pas eu de chance / on a une stratégie à faire évoluer, une mémoire à entraîner. On peut se tromper, essayer.

Pour développer les compétences sociales et de communication. A cet âge, dit Piaget, les enfants sont encore très égocentriques et ont du mal à respecter l'autre, à accepter les règles. Dans le jeu, on confronte, on discute, on aide, on explique, en groupe. On s'y engage librement en acceptant les règles (4-11 ans).

- Pour débloquer un enfant réfractaire au travail scolaireLa situation est plus familière, moins stressante.

- Pour varier les activités, disent les IO  (Piaget parle de 15mn de concentration pour un enfant)

 

Les limites du jeu.

Je vais parler plutôt d'activités ludiques. Le jeu, l'enfant y entre gratuitement. Là, c'est l'enseignant qui a pensé l'activité pour un apprentissage.

Il faut un entraînement, comme un musicien qui fait des gammes ou un sportif qui fait de la musculation. Il faut apprendre aussi le plaisir de l'effort. Je vais donc prévoir parfois quelques fiches d'autoévaluation, les ceintures de calcul me semblent indiquées.

- Il faut revenir sur le jeu et faire une analyse.

- Freinet est contre : il distingue le jeu-travail fait par l'enseignant, prétexte pour apprendre ; et le travail-jeu où le travail apporte autant de plaisir que le jeu.

- Comment être sûr que tout le monde participe sur 25 élèves ?

- Le bruit, l'effervescence, cela nécessite des règles  de conduite.

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Je suis donc convaincue de l'utilité, tout en prévoyant un entraînement papier pour évaluer mes élèves et une synthèse. J'ai donc fait le plein de jeux de calcul, dont MathSumo, pour travailler les tables de multiplication de manière ludique. C'est devenu le préféré des enfants à tel point qu'ils prennent assez mal lorsque je leur mets une limite de temps. Il est vrai que cela est plus engageant pour travailler les tables, et l'effort est plus important que quand je les mets sur une ardoise. Le jeu est assez simple mais il est dynamique car suivant les cartes piochées, on fait varier le sens du jeu ou on embête les autres joueurs.

Contrairement à ce que je pensais, le jeu ne se joue pas qu'à 2, même s'il y a 2 pions. Les pions marchent par 2 pour chaque joueur puisqu'il faut retrouver les 2 termes dont le résultat indiqué par sa carte. Pas de panique quand on ne maîtrise pas, sur chaque carte, il y a les possibilités indiquées pour les mémoriser peu à peu. Ce jeu fonctionne très bien pour travailler les tables mais aussi les multiples. 

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Alors évidemment, forte de toutes ces connaissances sur le jeu, je me suis tournée aussi vers les jeux en anglais. Forcément ! Parce que là aussi on a besoin de varier les activités, là aussi on a besoin de rendre la répétition moins lassante. Dans ma classe, cette année, on jouera aussi avec Twist Délire.

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Encore un jeu simple pour mémoriser l'écrit : on lance les dés-voyelles et on cherche le plus rapidement sur les cartes un mot contenant ces voyelles. Vite, on tape sur la carte avant les autres joueurs. On peut aussi travailler la version sans les mots écrits, ce qui implique un niveau supérieur : savoir écrire les mots.

Nous, on a ajouté une règle : si on ne trouve pas les mots sur le plateau de jeu installé, on cherche parmi nos cartes à nous. Et à chaque fois, on épelle en anglais le mot trouvé, pour rendre la répétition obligatoire mais ... non lassante (vous avez compris !) 

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Et vous, vous utilisez des jeux en classe ? 

 

Sylvie Hanot, Cafipemf généraliste et LVE