Condensé de mes lectures sur le sujet, sachant que j'utilise beaucoup le jeu en anglais.

"L'enfant est un être qui joue", Jean Chateau.

 

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Au niveau cognitif, pour Piaget, l'enfant comprend par le jeu le monde qui l'entoure.

Au niveau affectif, pour Winnicott, l'enfant accepte la réalité. Il joue pour le plaisir, pour exprimer son agressivité, ses angoisses et accroître son expérience.

Le jeu est nécessaire au développement de l'enfant. L'ONU a reconnu le jeu comme un droit spécifique de l'enfant.

On oppose souvent le jeu (gratuit, plaisir) et le travail (effort, sérieux, apprendre). Et pourtant, on apprend en jouant : on apprend dans quel ordre construire un objet en légo, les règles d'un jeu de cartes, en EPS, c'est encore plus évident : on apprend à lancer un ballon. Il y a toujours un travail. Jouer ou travailler, c'est se donner une tâche à accomplir, se fatiguer pour quelque chose.

Les types de jeux : les jeux de construction favorisent le raisonnement, la logique. Le jeu symbolique, avec ses scénarios associés à des objets, enrichissent le vocabulaire et la compréhension d'une narration. De plus, les jeux symboliques et imaginaires à plusieurs permettent de se mettre plus facilement à la place de l'autre = de développer les compétences sociales, favorisent la compréhension d'un message venant de l'autre = les capacités de communication. Les jeux de société permettent d'élaborer des stratégies, des hypothèses, raisonnement, déduction.

Pourquoi jouer ?

- Pour Jean Chateau, le jeu permet une approche multisensorielle des apprentissages car il engage ses facultés physiques, mentales, intellectuelles et morales.

- Le jeu donne du sens aux apprentissages : souvent les enfants se demandent "à quoi ça sert ?". Difficile de leur expliquer. Avec le jeu, on apprend pour pouvoir jouer, comprendre le jeu.

- Le statut de l'erreur est différent : on n'a pas mal fait, on n'a pas une mauvaise note. On n'a pas eu de chance / on a une stratégie à faire évoluer, une mémoire à entraîner. On peut se tromper, essayer.

- Pour développer les compétences sociales et de communication. A cet âge, dit Piaget, les enfants sont encore très égocentriques et ont du mal à respecter l'autre, à accepter les règles. Dans le jeu, on confronte, on discute, on aide, on explique, en groupe. On s'y engage librement en acceptant les règles (4-11 ans).

- Pour débloquer un enfant réfractaire au travail scolaire. La situation est plus familière, moins stressante.

- Pour varier les activités, disent les IO. Piaget : concentration de 15 mn environ.

 

Les limites du jeu.

- Il faut un entraînement, comme un musicien qui fait des gammes ou un sportif qui fait de la musculation. Il faut apprendre aussi le plaisir de l'effort. S'engager dans un projet le permet aussi. Il y a recherche de plaisir = motivation. Jouer en classe n'est pas un temps récréatif,  il faut revenir sur le jeu et faire une analyse.

- En classe, ce sont plutôt des activités ludiques et non récréatives. Le jeu, l'enfant y entre gratuitement. Là, c'est l'enseignant qui a pensé l'activité pour un apprentissage.

- Freinet est contre : il distingue le jeu-travail fait par l'enseignant, prétexte pour apprendre ; et le travail-jeu où le travail apporte autant de plaisir que le jeu.

- Comment être sûr que tout le monde participe sur 25 élèves ?

- Le bruit, l'effervescence, cela nécessite des règles  de conduite.

- Bien calculer le temps pour éviter la lassitude, ce qui ne veut pas dire changer de sujet, dit Susan Halliwell.

- Le coût matériel des jeux pour toute une classe et le coût en temps pour fabriquer et jouer.

 

Le jeu en LVE

- Les IO préconisent l'apprentissage de la LVE à travers des activités motivantes et variées, ayant du sens, s'appuyant sur l'imaginaire et le jeu. C'est un outil d'appropriation et d'approfondissement.

- + axé sur le "comprendre" que communiquer, tout dépend des jeux.

- Attention : comme il y a effervescence et qu'ils s'impliquent, ils ont recours au français. Bien établir des règles au départ. On peut alors faire une pause, donner des phrases types si besoin et recentrer.

- Variété dans les apprentissages ne signifie pas “changer de sujet à chaque fois” mais on peut rester plusieurs séances sur une même notion et varier les situations pédagogiques, pour faciliter la mémorisation, dit Susie Halliwell (l’anglais à l’école primaire). L’importance de la mémorisation : CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues)

 Si vous utilisez des références ou idées trouvées ici, je vous serais reconnaissante de citer ce blog ou les sites dont je parle.

Sylvie Hanot, CAFIPEMF généraliste et LVE